
Si vous aussi avez passé une partie de votre enfance à jouer aux cow-boys et aux indiens, armés de votre vieux colt en plastique et d'un vieux lasso récupéré dans le garage de papa, Red Dead Redemption déterrera ce vieux fantasme dans une aventure ma foi vraiment bien foutue. Fort de ses expériences passées, Rockstar nous offre, 6 ans après Red Dead Revolver, une suite d'excellente facture, qui tire largement parti du succès de la série GTA. J'en viendrais presque à parier que Sir Clint Eastwood a du passer quelques heures devant sa bobox à refaire sa jeunesse avec une larme au coin de l'œil..
Évoluant dans un contexte du siècle dernier, en pleine Amérique profonde, mélodie à l'harmonica et colt à la ceinture, RDR met en scène John Marston, un cow-boy classe, belle gueule au bel accent ricain prononcé. Soumis à un chantage du gouvernement, Marston doit retrouver un de ses anciens compagnon ainsi que sa bande, qui l'avaient trahi auparavant, et les rapporter morts ou vifs. Double motivation pour ce bellâtre: vengeance et absolution. Pourtant, Marston est un homme bon, aspire à une vie paisible, mais n'hésitera pas à ternir sa réputation s'il peut obtenir faveurs ou renseignements.
C'est ainsi l'un des points forts de l'aspect ambiance du jeu, ce malaise entre le bien et le mal. Englobé d'humour et de satire de la vieille Amérique du Far-west, RDR immerge le joueur dans un univers ou les valeurs et les priorités éthiques ne ressemblent pas (ou presque pas..) à l'Amérique d'aujourd'hui. Aussi, Marston sera tiraillé entre plusieurs actes qui définiront au final sa réputation. Ainsi, si certains PNJS sont sales, machos, renégats ou encore dangereux, d'autres sont bons et loyaux. Si certains sont romantiques et vous demanderont d'aller cueillir des fleurs pour séduire leur bien-aimée, d'autres n'hésiteront pas à vous implorer d'aller ligoter leur femme moult fois cocue et de la menacer pour qu'elle revienne au pas de course. A vous de déterminer vos agissements. A savoir qu'une réputation faible peut vous fermer la porte de certains établissements.
Dans tous les cas, Rockstar s'est largement bien débrouillé pour rendre le jeu totalement immersif. Marston possède un charisme bien plus poussé que les différents héros des GTA et on se surprend même à s'attacher petit à petit aux différents personnages qui jonchent sa route. Contrairement à GTA, on ne perd pas le fil du jeu en se retrouvant avec 5-6 donneurs de missions différentes. Ici, la mise en place du scénario est progressive, et on peut prendre le temps d'explorer le monde alentour, et faire quelques quêtes annexes sans pour autant ne plus savoir où on en est.
Au niveau des différentes missions, leur variété et leur nombre sont tout à l'honneur du studio new-yorkais. D'un côté, vous devrez bosser pour un shérif et attaquer un camp de renégats ennemis, de l'autre, arracher une affiche de mise à prix et partir à la recherche d'un criminel, qui rapportera plus d'argent s'il est vivant lors de sa capture. Il vous faudra aussi parfois faire des choses pas très propres ou défendre la veuve et l'orphelin, quand vous ne serez pas en train de réunir un troupeau de vaches dans un enclos et de chasser des coyotes. Au final, un bon nombre de missions différentes durant lesquelles il sera difficile de s'ennuyer.
Côté gameplay, Red Dead Redemption ressemble beaucoup moins à son aîné qu'à la série des GTA. On y retrouve ce qui a fait le succès de la série culte de Rockstar: exploration, liberté, variété des missions. On se verra également poursuivre par les autorités locales si on attaque n'importe qui ou si l'on commet des crimes. Le GPS est toujours de la partie, et la carte du monde ressemble grandement à celle des GTA avec des icônes représentant les différents donneurs de missions et les marchands. On peut également acheter des maisons dans les villes avec l'argent récolté sur les cadavres ennemis, en réalisant des ventes, ou encore en gagnant aux jeux. Vous pourrez alors sauvegarder votre partie et changer votre tenue (de nouvelles tenues sont déblocables en cours de jeu). A savoir: le jeu fait des sauvegardes automatiques régulièrement. Il n'y aura pas besoin de revenir bien loin après un game over.
Pour vous déplacer dans ce vaste monde, divers moyens sont proposés. Parmi les plus pratiques, la diligence, qui moyennant quelques pièces vous amènera d'une ville à l'autre sans encombres. De plus, vous pourrez vous téléporter dans n'importe quelle ville déjà visitée en créant un petit campement en plein désert. Malgré ces systèmes bien pratiques, le moyen de transport le plus fun et probablement celui que vous utiliserez le plus souvent reste le cheval. Forcément, un cow-boy sans son cheval, c'est comme Gainsbourg sans une clope, ça veut rien dire. A capturer au lasso, votre compagnon équestre sera accessible partout d'un simple sifflement. Son mouvement et son apparence sont d'excellente facture. Chaque partie du corps est réaliste et bouge de manière fluide. Quelques coups d'éperons et votre dada poussera une petite accélération, mais n'en abusez pas trop, au risque d'être désarçonné. Au fil du jeu, vous pourrez capturer de nouveaux chevaux, de plus en plus rapides, comme des palefrois, bai de Cleveland ou encore des Turkomans et j'en passe. Du joli travail.
Concernant le système de combat, on notera ici l'utilisation de l'excellent Dead Eye (sang froid), une sorte de bullet time qui tire son inspiration d'un mélange de Max Payne et de Splinter Cell. Du premier, il tire le concept du ralenti, à utiliser avec parcimonie vu qu'il s'use vite et se recharge très lentement, mais qui permet toutefois de prendre le temps de viser correctement la tête de l'ennemi, ce qui vous sortira moult fois de situations périlleuses. Du deuxième, il reprend le système de lock, permettant à l'aide d'une simple touche de verrouiller un certain nombre d'ennemis, puis de les tuer les uns après les autres. D'un très bel effet, ce système apportera un bon surplus de plaisir aux affrontements. Ceci dit, on peut déplorer parfois de la part du dead eye de rendre certains combats un peu trop simple. Mais ne vous affolez pas, mourir fera néanmoins souvent partie du voyage.
Les affrontement se font également à dos de cheval, dans un mode de conduite semi-dirigée qui vous évitera de vous égarer en plein fight. Bien pensé, il évite le plus souvent au joueur de se prendre la tête avec la manette. En général, les déplacements sont fluides et intuitifs, et bien que certaines routes étroites peuvent donner lieu à quelques morts inutiles, la maniabilité du titre reste très bien foutue.
Tant l'excellente jouabilité que l'univers de Red Dead Redemption en général contribuent à l'immersion du joueur. Le monde est vaste, vivant et rempli. Sans monotonie, n'importe quel événement peut survenir au coin d'un cactus: subir une attaque de brigands, rencontrer une belle demoiselle en détresse, obtenir une mission, se faire attaquer par une bête ou encore participer à un duel de chasse, rien ne permet au joueur de s'ennuyer. L'univers entier permet au joueur de s'immerger pleinement dans un bon Western: duels entre cow-boys, dressage de chevaux et défis divers. La faune et la flore prennent une très grande ampleur, les animaux sont nombreux et les dépecer ou ramener leur peau permet d'engranger quelques dollars ou encore de les échanger contre des médicaments auprès du toubib ou des munitions chez l'armurier
Et il faut quand même le dire, RDR est beau, très beau. Visuellement, c'est vaste, lumineux, riche, le changement de zone se fait parfois de manière spectaculaire: le champ de cactus disparaît pour laisser place à un désert rocailleux inhospitalier. Les divers éléments qui jonchent le jeu, tels que les montagnes, les trains, les bateaux et les bâtiments ont bénéficié d'un travail particulièrement détaillé de la part des game-designers. Un peu moins beau que sur PS3, la version 360 reste malgré tout de très bonne qualité. Les cinématiques sont belles et collent parfaitement à l'histoire, rendant chaque personnage unique et même attachant. De plus, les doublages sont d'excellente qualité, et les bonnes voix rocailleuses du far-west font clairement leur effet.
Dans l'ensemble, la bande-son est exceptionnelle. Surgissant efficacement au cœur d'un événement important ou s'effaçant subtilement dans les passages les plus calmes pour faire place à une mélodie à l'harmonica très Il était une fois dans l'ouest. Du grand art. Collant parfaitement à l'ambiance, la bande-son contribue largement à l'immersion du titre et au Style de Marston.
C'est que rien n'est laissé au hasard dans RDR, on ressent bout après bout le soucis du détail de Rockstar. Chaque petit élément donne un peu de vie à l'univers du jeu. Décidez de ne plus suivre la quête principale un moment, vous ne vous ennuierez pas pour autant: partie de poker pour refaire quelques dollars (et le jeu est bien fait, dire que pour 100.- vous avez RDR plus un poker, quand d'autres éditeurs vendent juste le poker pour ce prix là..), blackjack, jeu du couteau, duels, concours de chasse, voire même aller au cinéma. Et les films proposés mérite le détour..
A côté de son gigantesque mode campagne, Rockstar nous propose un excellent mode multijoueur, afin de refaire les missions en mode coopératif, ou encore de rejoindre vos potes et de finir la soirée, clope au bec, à vous affronter en défi ou aux différents duels et concours disponibles. A savoir, il est possible de débloquer certains contenus supplémentaires à travers le mode multijoueur.
Comptez déjà une bonne vingtaine d'heures pour boucler le jeu sans trop s'attarder sur les missions annexes, et rajoutez une bonne dizaine avec. Sachant qu'il faut bien 10 minutes à cheval pour traverser la map de bout en bout, le monde de Read Dead Redemption risque de vous tenir en haleine un bon moment.
Au final, Read Dead Redemption est une œuvre d'art, un véritable bol d'air frais sur nos 360. Immersion totale, ambiance western totalement réussie, bande-son de folie, graphismes à faire exploser vos rétines, long et prenant, c'est une vraie petite bombe que nous tenons entre les mains. Après le succès des GTA, Rockstar ne se repose pas sur ses lauriers et nous offre là une expérience digne des meilleurs films du genre. Difficile, voire impossible de déconseiller cette galette à tout bon joueur normalement constitué. Une perle
X-Box 360





En général, la jouabilité est excellente, même s'il faut quelques minutes pour prendre sa monture en main. Quelques soucis parfois dans les endroits clos et quelques morts inutiles à cheval sur les routes étroites. Mais dans l'ensemble, Marston répond parfaitement bien.





Rien à redire, tout a été pensé et repensé par l'équipe de Rockstar, chaque élément est détaillé, bien modélisé, et contribue à l'ambiance générale du titre. Le lvl-design est excellent et les graphismes font clairement honneur à la 360. Du très bon boulôt.





Un des gros points forts du jeu. La bande-son colle parfaitement à l'ambiance, en permanence. Les musiques, qu'elles soit orchestrales, sifflées ou à l'harmonica rendent parfaitement bien. On se croirait vraiment au coeur d'un grand Eastwood. Tout simplement parfaite, Chapeau bas.





Dans l'ensemble, le scénario tient très bien la route, tant pour la trame principale que pour les quêtes annexes. On s'attache à pratiquement chaque personnage, et quasiment personne n'est inutile. Gros points forts pour le dénouement final.





Comptez une vingtaine d'heures pour boucler le jeu de façon assez directe, et rajoutez-en une dizaine pour s'attarder sur les quêtes annexes. Le tout sans compter sur les heures dépensées autour d'une table de poker ou de blackjack. Du grand art. Et en rajoutant le mode multijoueur, il y en a pour quelques nuits blanches

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