
Il est des jeux qui marquent une génération. Que ce soit par la qualité de leur écriture, leur gameplay novateur, leurs graphismes à couper le souffle ou encore des concepts originaux qui révolutionnent la manière dont tout un chacun envisage le jeu en général. C'est grâce à des jeux comme ceux-ci que le jeu vidéo peut prétendre au tire de 9e art, un art par lequel des visionnaires et des créateurs peuvent exprimer tout leur talent. Rassurez-vous. Ceci n'en est pas un.
D'emblée, Tournament of Legends s'impose comme un jeu qui ose prendre des risques. A l'heure où les jeux de combat multiplient les modes de jeu pour dépasser le simple duo "mode solo - versus" (on pense par exemple aux défis de Super Street Fighter IV ou au Tekken Force), ToL, lui, ne propose que deux choix: histoire et versus (si l'on met de côté l'entraînement et les options). Ainsi, le jeu n'a même pas encore commencé que l'on ne peut s'incliner devant tant d'audace. La diversité, c'est pour les faibles ! Ici on est en territoire hardcore !
Une fois le jeu lancé (pas par la fenêtre, même si la tentation est grande), on découvre alors le choix des différents protagonistes qui s'offrent à nous. Et là, encore une fois, difficile de ne pas être ébahi devant le panel extraordinaire de... 8 combattants. Probablement une autre marque de sa force de caractère, ToL se revendique l'héritier de Mortal Kombat (le premier) et Street Fighter II, au début des années 90 en proposant le même nombre de personnages. Quelle force, quelle individualité, alors qu'en 2010 la moyenne tourne entre 20 et 30 combattants dans les jeux de référence. Seul un jeu comme ToL pouvait se permettre d'être aussi magnifiquement rétro dans sa palette.
Passons sur le character design d'un tel niveau de finesse que la grand-mère de dédé mon garagiste pourrait surpasser.... quoique non, parlons-en. ToL tente l'approche mytho-mythologique (dans le sens où leur connaissance de la mythologie est un grand coup de mythomanie) en offrant au (pauvre hère de) joueur une sélection de héros de l'Antiquité. Qui n'a jamais rêvé voir s'en découdre sur une arène Zeus, Bast la déesse égyptienne, une Valkyrie et un Robot (sisi, il y a un robot dans ce jeu) ? Qui donc n'a pas fantasmé de voir Marcus Antonius affronter un Minotaure dans les ruines de l'Atlantide ? Qui n'a donc pas passé des nuits entières à imaginer l'ampleur cataclysmique d'un face à face entre un démon-ninja-predator japonais et une méduse ?
Comment ça, "personne" ?
Et encore, si vous pensez que la seule description textuelle des dits protagonistes semble ridicule, attendez de voir leur représentation graphique. Comme dit plus haut, le graphiste devait être en vacances et a confié la tâche du character design à son voisin, qui devait faire sa lessive alors il l'a passé à sa femme de ménage, qui elle devait regarder le match de foot alors elle l'a donné à son petit neveu (parce qu'il avait fait 5/6 au contrôle de dessin), qui lui-même préférait faire quelque chose de constructif de sa vie alors il a pris du LSD avant de gribouiller des formes sur un papier, et cela a donné Tournament of Legends !
Toutefois, les trois lecteurs et demi (coucou Maman) qui ont poursuivi la lecture de ce test jusqu'à ce paragraphe (vous avez pas honte, franchement ?) pourraient me rétorquer qu'un jeu de combat peut être hideux et ridicule mais posséder un système de combat suffisamment intéressant pour en faire un bon jeu. Ce à quoi je rétorquerai qu'ils ont parfaitement raison, mais malheureusement il faudra repasser car Tournament of Legends fait passer Shaq Fu pour un jeu d'anthologie. C'est raide, c'est mou, l'équilibrage des coups est digne d'un unijambiste sur un trapèze sous ecstasy, et d'une manière générale, la sensation générale de combat est aussi fluide et propre que l'eau du golfe du Nouveau-Mexique par les temps qui courent.
Alors, trouve-t-on quelque chose à sauver dans ce tas de matière fécale qu'est Tournament of Legends ? Si si, il faut tout de même le reconnaître. Premièrement, le jeu fait un bon frisbee au cas où votre chien aurait mangé le votre. Ensuite, la boîte du jeu est plutôt efficace comme dessous de plat, et permet d'éviter de salir votre beau bureau en mettant votre bière dessus. Enfin, et c'est sans doute sa plus grande qualité, vous pouvez l'offrir à quelqu'un que vous n'aimez pas (mais vraiment pas, car c'est une sentence pire qu'un internement à Guantanamo) et esquisser un grand sourire diabolique en imaginant les heures de torture qu'il devra endurer.
Vous l'aurez compris, Tournament of Legends est un peu au jeu vidéo ce qu'un bon Nanar est au cinéma. C'est moche, c'est mal conçu, c'est ridicule, mais au moins on peut rigoler une heure avec. Le problème vient du fait qu'un jeu vidéo est tout de même censé avoir une valeur ludique qui dépasse celle d'une moule asthmatique. Bref, vous qui mettez cette horreur dans votre Wii, abandonnez tout espoir.
Wii





Essayez de jouer à Soul Calibur avec des gants de boxe, ça vous donnera une idée.





Les graphismes sont potables pour de la Wii, mais le design général donne la nausée.





La seule chose que vous entendrez sera vos propres cris de souffrance.





Martine à la Plage possède plus de profondeur.





Tout dépend de votre degré de masochisme.

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