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Demon's Souls

Demon's Souls

On n’y croyait guère, à la venue de ce fameux Demon’s Souls dans nos contrées. Et pourtant, Namco Bandai, dont on attend toujours leur propre production comme un certain Tales of Vesperia sur PS3, l’a fait ! Des craintes plus ou moins fondées étaient nées en moi en connaissant la réputation du studio développeur à l’origine du soft : From Software. En permanence entre le bon et le médiocre, souvent décevant avec leurs licences phares telles que Tenchu ou Armored Core (qui on tout de même connu de belles heures de gloire), mais aussi avec leur productions étrangement exclusives sur une Xbox qui ne faisait que surnager avec grande difficulté face à la PS2. Des choix autant techniques que commerciaux au petit bonheur la chance auxquels, il ne fallait pas penser si je voulais aborder sereinement ce Demon’s Souls à la plastique et au package européen, il faut l’avouer, fort attrayant.

Boletaria, le royaume Champi, en plus dark

L’histoire de Demon’s Souls est des plus classique, et nous conte la belle boutade d’un roi avide de pouvoir qui s’est amusé à libérer un démon extrêmement mauvais et puissant : l’Ancien. Ne se remettant pas en question une seule seconde, l’infâme souverain constate avec tristesse la déchéance de son royaume, abattu par une purée de pois inextricable et des démons sanguinaires massacrant son peuple pour leur voler leurs âmes. Et des êtres humains sans leurs âmes, ça en fait des monstres aussi impitoyables que ces mêmes démons, par la faute desquels ils sont morts, et la situation de ce fait ne fait qu’empirer !

Si le scénario ne rivalise pas d’ingéniosité avec les RPG japonais de la belle époque (car oui, Demon’s Souls n’est pas un RPG dit « japonais », mais a été développé par des nippons !), c’est dans l’ambiance noir et inquiétante, voire même angoissante dirais-je, que la force du titre se dévoile. Le thème central du jeu est d’ailleurs la mort, la mort sous toutes ses coutures, dans tous ses états, à commencer par la votre ! Ingéniosité ultime de la narration, votre mort inévitable mais nécessaire pour votre progression. En effet, à peine vos premières passes d’armes faites dans ce monde sans pitié, vous serez atrocement occis par un démon qui vous enverra ad patres dans le royaume des défunts, ici appelez le Nexus.

Havre central de réclusion pour tous les pauvres fantômes n’ayant pas réussi à retrouver leur corps, c’est à partir de cette étrange dimension que vous pourrez améliorer vos armes, obtenir des sorts et discutez avec des PNJ pour en apprendre un peu plus sur la chute du royaume ; mais aussi et surtout ou vous pourrez découvrir d’autre zone à explorer. Des évènements et des choix importants pour le déroulement du scénario auront également lieu dans cet endroit aux allures de dernier refuge de l'humanité. Loin de moi l’idée de trop vous en dévoiler, sachez juste qu’en tant que RPG aux airs franchement occidentaux, vous pourrez faire des choix qui pourraient à tout jamais bouleverser votre vie, en bien comme en mal.

Âme. Stram gram… et hop t’es mort

L'âme, c'est la base du jeu. Les âmes servent à la fois de monnaie pour acheter et réparer votre équipement à la manière des orbes rouges dans un Devil May Cry, mais aussi d'expérience afin de faire évoluer votre personnage.

Mais là ou le jeu se fait particulièrement angoissant, c’est dans sa difficulté à s’en arracher des touffes entières de cheveux (ou à en jeter sa manette sur tout les murs de la pièce, pour les chauves qui me lisent). Le plaisir, souvent précédent la frustration de plusieurs défaites consécutives devient ainsi rare, mais extrêmement salvateur, et la progression est sans cesse tiraillée entre une volonté d’exploration et une peur du dangereux inconnu. Car accumuler des âmes c’est peut-être simple, les perdre l’est encore plus. Et lorsque l’on trépasse, la difficulté vous accable encore davantage en vous rognant votre barre de vie de moitié, en diminuant votre force et en vous transformant donc, comme dit plus haut, en fantôme. A partir de là, votre objectif sera de retrouver le lieu de votre trépas et de reprendre possession de votre enveloppe corporelle pour ainsi recouvrer toute votre vitalité et vos âmes jusqu’alors amassées. La difficulté est véritablement l’un des maîtres mots.

En effet, il faut se frotter les yeux plusieurs fois pour réaliser à quel point les développeurs n'ont eu strictement aucune pitié pour le joueur. Si vous voulez finir le jeu, vous devrez vous armer de patience et de dextérité. Les sensations reviennent peu à peu d’entre les oubliettes, quelles sensations ? Celle des RPG d’antan sur Nintendo ou Super Nintendo, bien sur ! Ces fameux jeux aux mécanismes obscurs et à la difficulté décourageante, où notre aventure ne tenait qu’à 3 petites vies bien vite parties en fumée. Pire que cela, dans Demon’s Souls, impossible d’espérer un Check Point ! Il vous faudra reprendre l’exploration d’un niveau dans son ensemble si vous trépassez. De plus, sachez que comme dans un bon vieux donjon-RPG, les armes se brisent, et assez rapidement qui plus est. Et sans monnaie (les âmes toujours), pas de réparation ; pas de réparation, pas d’arme ; pas d’arme, partie terminée ! Ajoutez à cela un bestiaire qui augmente très vite en taille et en puissance (de simples zombies au départ, 2h plus tard, de terribles dragons !) et vous aurez, je pense, assez d’exemples de la terrifiante difficulté du soft.

Si vous bénéficiez d’une connexion on-line (qui n’en a pas de nos jours ?), vous verrez apparaître au gré de vos explorations, des taches de sang. Si vous les examinez, vous pourrez observer un autre joueur et la façon dont il est mort à cet endroit. Indice précieux quant aux méthodes idéales pour franchir un obstacle ou pour tuer un ennemi particulièrement retors. De plus, grâce à certain objets, les âmes des personnes connectées que vous pourrez invoquer vous viendront en aide afin d’abattre une créature à plusieurs. Pour finir, vous-même ainsi que vos compagnons communautaires pourront vous délivrer des messages afin de vous indiquer, par exemple la présence d’un objet magique dans les environs. Très plaisant et vraiment astucieux (si quelqu’un note votre message positivement vous récupérerez même un peu de vie !!!).

Les commandes en elles-mêmes sont intuitives et plutôt traditionnelles pour un jeu d’action, pas pour un action-RPG. Les deux gâchettes du pad PS3 vous serviront à parer avec le bouclier ou à attaquer avec votre épée. Effectuer des parades permettant d'ouvrir la garde adverse, un timing très précis sera requis mais la contre-attaque se fera ultra efficace. Les développeurs on eu la bonne idée d’insérer un système de lock très simple d’utilisation, permettant de tourner en rond autour de l’ennemi afin d’établir un semblant de stratégie face à des adversaires peu commun, comme les magiciens noirs qui ne cesseront de vous assaillir de boule de feu si vous les attaquez de face.

Game over, try again ?

Ce conflit permanent entre l'envie d'explorer au maximum les niveaux et la peur de perdre des âmes chèrement remportées cité plus haut, fait pourtant une partie de l'addiction à Demon's Souls. Mais From Software aurait été idiot de ne pas offrir la possibilité de varier un tant soit peu l’exploration vu que la répétitivité est de mise dans ce système. Ainsi, le level design sombre et effrayant (grotte, crypte, château type européen en ruine etc) se fait labyrinthique, certes, mais bourré de raccourcis et de petits passages que l’on n’aurait point remarquer lors de son premier passage. Aussi, en fonction de vos prestations héroïques, et pour le peu que vous arriviez à anéantir un puissant démon, votre environnement variera entre le Bien et le Mal, tout comme sa construction. Mourrez plusieurs fois ou laissez vous déborder par les adversaires, et vous plongerez plus profondément dans le cauchemar… Les variations sont nombreuses et propices aux expérimentations pour quiconque cherche à percer les secrets du jeu, quête qui demandera de faire au moins deux tours complets du titre, la difficulté augmentant d'un cran en New Game + (vous ai-je dit que le jeu est d’une difficulté sans nom ? :)).

Après cet éventail de bonnes idées, on se demanderait presque où Demon’s Souls fait défaut à ses géniteurs. Et comme dans la plupart des titres From Software, c’est au niveau de la technique que le jeu pêche. Le design général, comme vous le verrez sur les screens, s’approche d’un King’s Field (du même studio, dont DS est d’ailleurs un spin-off dans l’esprit), château fort, chevaliers en armures, démons façon Balrog du Seigneur des Anneaux et dragons colériques. Voilà en quoi se résume l’univers sombre et torturé de Demon’s Souls. Mais si ambiance morbide et soignée (c’est fort contradictoire dit comme ça) il y a de gros problèmes de collision et gestion hasardeuse de la physique aussi. Marchez sur le cadavre d’un zombie tué précédemment le fera valdinguer étrangement dans toute la pièce, comme si un footballeur s’amuser à shooter dans une poupée de chiffon ! Le moteur Havok (GTA IV, Max Payne 2, Painkiller ou encore Dead Rising), simple d’utilisation mais vieillissant n’assure pas non plus une finesse des textures réellement très convaincante. Enfin, des soins apporté aux visages et aux animations n’aurait pas été de refus, comme lors des cut-scène de dialogues ou les personnages ne daigneront absolument pas bouger les lèvres en parlant, inconcevable pour un RPG de nos jours je pense.

La bande-son quant à elle, est de bonne qualité. Les thèmes, sans être inoubliables sont en réalité timides, voire même silencieux. Mais redonne vigueur et courage lors des combats contre les Boss. D’ailleurs, chaque boss s’accompagne d’un thème différent ; chose assez rare pour être soulignée. L’ambiance sonore en revanche frôle la perfection grâce a des bruitages à glacer le sang, nombreux et variés, toujours très bien adapté et d’une finesse sonore (du à une compression de bonne qualité) assez bluffante. Elle excelle notamment dans une tour (je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler) où la progression se fait quasiment dans le noir, sous les hurlements des prisonniers en train de souffrir. Désagréable, traumatisant, excellent !

Demon’s Souls est un jeu frustrant. Difficile comme ce n’est pas permis. Mais tellement exaltant lorsque l’on nous concède la moindre victoire, l’amalgame de nombreuses bonnes idées de gameplay nous pousse à continuer cette fâcheuse aventure, quitte à perdre la vie une fois encore. S'appuyant sur une ambiance sombre et oppressante, un level-design redoutable, un système de jeu riche et complet et une prise en main instinctive, le soft fait appel à la mémoire, aux sens, au courage même d’explorer les recoins sombres des niveaux ! Certes, la technique fait souvent défaut au titre, la sortie européenne éloignée dans le temps avec celle japonaise en est la principale cause, mais en dépit de cela, le contenu riche et l’aventure intense qu’il propose fait de Demon’s Souls un incontournable de la console.

Marcio

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Demon's Souls 16+

ps3 PlayStation 3

Editeur :
Namco Bandai
Développeur :
From Software
Date de sortie :
25.06.2010
Catégorie :
Action / Jeu de Rôle
Mode en ligne :
oui
Nombre de joueurs :
2
Site officiel :
visiter le site officiel

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Le test en bref

Jouabilité :
****.

Derrière sa relative simplicité, Demon’s Souls regorge de petites idées très bien pensées, atténuant un tant soit peu cette sensation de difficulté exacerbée. Ainsi, l’expérience on-line se fait unique, rafraîchissante, et pour une fois plaisante et valant véritablement le coup d’œil. On ne pourra pas dire « je ne manque pas grand-chose » en passant à côté de l’on-line dans Demon’s Souls, je vous le signe !

Réalisation :
***.-

Le soft ne casse pas trois pattes à un canard (d’abord parce que c’est méchant…) d’un point de vue purement technique. Bug d’affichage et de collision, gestion de la physique ridicule et modélisation des humains parfois douteuse. Le soft pourtant nous délivre une direction artistique plaisante et inspirée ainsi qu’un level design particulièrement diabolique, astucieux et bourré de bonne trouvaille. L’ingéniosité glauque et morbide du tout fascine et vous fera peut être même sursauter à certains moment. (la peur de perdre vos âmes devient bien réelle et voir sortir un monstre de nulle part fait bien son effet !).

Bande-Son :
****-

Peu de musique se font entendre. Mais toutes sont de bonne qualité, tant dans l’interprétation, la compression numérique et la composition. Le calme mortuaire et le silence s’invite souvent aux joyeusetés pour instaurer une atmosphère terrifiante et particulièrement tendue. Notez aussi que les doublages anglais sont de grande valeur (et sous-titré en français qui plus est !).

Scénario :
***--

Seul gros point noir (comme son ambiance tiens) du jeu, mis à part la technique perfectible. Le scénario est simpliste et vu et revu des milliers de fois. Cela dit, le soft propose un univers sombre, mature, fascinant et très accrochant, il sera difficile de vous en extirper.

Durée de Vie :
****-

Certaines langues de vipères n’hésiteront pas à dire que la difficulté parfois surhumaine contribue à une durée de vie gonflée artificiellement, et bien ne les écoutez pas puisque de toute manière, de leur point vue, il en sera de même avec tout les autres jeux difficiles ! Non, là, la durée de vie, indépendamment de la difficulté se fait plus qu’honorable. De plus, un mode New Game + (toujours très rare dans les RPG de nos jours) a le mérite d’exister. Si cela ne suffit pas, le mode on-line et le Player VS Player sauront répondre, je le pense, à vos attentes.

Points positifs

  • L’aventure est intense
  • L’ambiance nous met dans tous nos états !
  • La peur mais en même temps la fascination que le jeu nous procure
  • Le gameplay riche et pleins de bonnes idées
  • Les joutes contre les Boss, souvent mémorables
  • Le mode on-line
  • Le level design tortueux et captivant

Points négatifs

  • Une technique très perfectible
  • Scénario classique
  • Peut-être un peu plus de grands thèmes musicaux auraient fait bon effet ?
  • Une année pour arriver !!! (enfin soyons heureux qu’il soit parmi nous quand même au final)

Note du rédacteur

note 8.5

Note du public

note 8

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